Les super-héros dans nos sociétés

Introduction

« Puisque les comics touchent la culture dans une multitude de manifestations populaires, allant de l’influence sur les habitudes hygiéniques et alimentaires de millions de personnes à la production par le public d’une série de héros culturels aussi stimulants que ceux des autres médias, ils méritent d’être étudiés comme des forces actives dans le développement de l’ethos national »

Depuis 75 ans, chaque grand événement de l’Histoire américaine trouve son écho dans les comics. Ceux-ci constitueraient donc un miroir du continent, ou plus exactement un miroir déformé, exaltant des valeurs idéalisées.

Ainsi, le premier super-héros: Superman, est un personnage en terre inconnue, qui ne veut pas rester isolé et cherche à s’intégrer à la société en lui apportant ses compétences et sa différence. C’est une allégorie de la structure du melting-pot caractéristique des Etats-Unis. Sous son costume, Superman endosse le costume d’un américain moyen sous l’identité de Clark Kent. Idem pour Spider-Man, qui dans la vie réelle sous son identité de Peter Parker vit un quotidien loin de faire rêver mais très proche de celui des adolescents américains qui peuvent sans problème s’identifier à lui.

Dans l’article ci dessous, j’aborderais :

  • La mythologie du super hero
  • Le thème de la double identité
  • La dissimulation de l’identité
  • La révélation de l’identité
  • Le rapport a la Ville
  • Le rapport a l’époque
  • Le super héros dans le monde moderne
  • Conclusion

Avant toute chose, il est important d’avoir un bref historique de l »histoire du comic et des super-héros.

L’histoire du Comic-book

Le Golden Age (1938 – 1955)

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Action Comics #1, publié par DC comics, débarque sur les étals des marchands de journaux pour la modique somme de 10 cents. C’est la première apparition de Superman, personnage créé par deux amis, Jerry Siegel et Joe Shuster. Extra-terrestre seul survivant de sa planète disparue, il porte un costume aux couleurs vives, a des pouvoirs extraordinaires et les utilise pour combattre le crime. Il est le premier super-héros au monde et le succès sera aussi immédiat que colossal. Action Comics se vend à des millions d’exemplaires. Un an après, DC réussit un second coup de maître avec Detective Comics #27, la première apparition de Batman.. Les éditeurs concurrents ne sont pas en reste et veulent tous leur part du gâteau : bien d’autres super-héros sont créés dont Captain America chez Timely Comics (futur Marvel). La seconde guerre mondiale contribuera grandement à la popularité de ces personnages, qui combattent les ennemis des États-Unis. Ce dernier devient le grand représentant de la période WWII. C’est un soldat, patriote, qui lutte directement contre Adolf Hitler et les nazis, et contre tous les ennemis des Etats-Unis. Il est en rupture avec les autres personnages car il ne fait pas appel qu’à des éléments de fiction, le public connaît l’ennemi. Mais dès la fin de la guerre, faute d’adversaire à combattre, ces héros patriotes perdent leur succès. De nouveaux genres apparaissent : la romance et l’horreur (le policier hérité des Pulp’s n’a toujours pas disparu).

Le Silver Age (1956 – 1972)

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On considère que le Silver Age commence en octobre 1956 avec Showcase #4. C’est dans ce numéro qu’apparaît une nouvelle version de Flash, un super-héros DC créé durant le Golden Age et dont la série avait été annulée. De l’original il ne garde que le nom de code et les pouvoirs (courir vite). Pour tout le reste, il s’agit d’un nouveau personnage nommé Barry Allen. Ce nouveau départ sera l’origine de la renaissance des super-héros, qui redeviennent populaires. Ainsi DC relancera des nouvelles versions de tous ses personnages les plus populaires (Wonder Woman, Green Lantern…) dont la plupart ont encore leur propre série aujourd’hui.

L’âge d’argent des comics est une période de l’histoire de la bande dessinée américaine où la qualité artistique des principaux comic-books, surtout ceux du genre super-héros, rencontre le succès public. Succédant à l’âge d’or des comics et à un interrègne dans la première moitié des années 1950 parfois nommé âge atomique, l’âge d’argent recouvre la période allant de 1956 aux années 1970, date à laquelle il est remplacé par l’âge de bronze puis l’âge moderne. Un certain nombre d’auteurs et de dessinateurs importants ont contribué à la première partie de l’époque, notamment les scénaristes Stan Lee, Gardner Fox, John Broome et Robert Kanigher, et les dessinateurs Curt Swan, Jack Kirby, Gil Kane, Steve Ditko, Carmine Infantino, John Buscema et John Romita, Sr.. À la fin de l’âge d’argent, une nouvelle génération de talents était entrée sur le terrain, dont les scénaristes Denny O’Neil, Mike Friedrich, Roy Thomas, Archie Goodwin et des dessinateurs tels que Neal Adams, Jim Steranko et Barry Windsor-Smith.

Le Bronze Age (1973 – 1991)

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On peut symboliquement faire démarrer cette époque en Mars 1973 avec la mort de Gwen Stacy, la petite amie de Spider-Man, dans les pages d’Amazing Spider-Man #121. Ce fut la première mort réellement marquante d’un personnage important d’une série (par opposition à des morts qui sont des ficelles scénaristiques comme celles des parents de Batman ou de l’oncle de Spider-Man, des personnages qu’on a vu uniquement dans le numéro où ils disparaissent). L’histoire déchaîne les passions chez les lecteurs. Bien d’autres morts suivront : Jean Grey dans Uncanny X-Men, Elektra dans Daredevil, Robin dans Batman… Plus que des astuces commerciales, ces histoires sont le symbole de l’entrée des comics dans l’âge adulte. Ils n’hésitent plus à être sérieux, voire tragiques. Cette nouvelle maturité permettra l’apparition d’histoires plus fouillées, plus riches, dont bon nombre deviendront des classiques incontournables tels que Watchmen par Alan Moore, ou The Dark Knight Returns et Daredevil Born Again par Frank Miller.

C’est durant cette époque que  l’Heroic Fantasy fait son apparition dans les comics et que des maisons d’édition indépendantes se lancent dans le comics alternatif (par opposition au mainstream). C’est aussi le début du mercantilisme avec des méga cross-overs impliquant la totalité des personnages des univers DC ou Marvel : Secret WarsCrisis on Infinite Earths.
Alors que jusqu’en 1973, les auteurs ne touchaient rien sur les ventes de leurs « bébés », DC Comics décide de rendre les planches originales aux auteurs, puis de leur verser un petit pourcentage en cas de succès du titre. En 1978, commence un combat entre éditeurs et artistes sur les changements des règles du copyright. Combat qui ne se terminera que 9 ans plus tard, mettant tout le monde, à peu près d’accord.

Le Modern Age (1992 – )

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Cette dernière période est la moins bien définie. Il n’existe en effet pas de réel consensus quant à son début, ni même quant à son nom. La seule certitude est qu’on a quitté le Bronze Age. En soit, l’arrivé d’Image Comics est le point de depart logique cette age,  en raison de son impact sur l’industrie des Comics.

Le public adolescent est le premier consommateur de bandes dessinées mais il délaisse celles-ci et le lectorat adulte n’est pas assez important pour le remplacer. On assiste alors à une baisse des ventes qui va cesser cependant grâce à plusieurs facteurs. Le premier est l’arrivée d’une nouvelle génération d’artistes chez Marvel Comics : Todd McFarlane sur Amazing Spider-Man puis Spider-Man, Jim Lee sur Uncanny X-men puis X-men, Erik Larsen sur Amazing Spider-Man, Rob Liefeld sur sur New Mutants devenu X-Force, Marc Silvestri sur Wolverine, Whilce Portacio sur Uncanny X-men et Jim Valentino sur Guardians of the Galaxy. Les comics sur lesquels travaillent ces artistes voient leurs ventes augmenter ainsi le premier numéro de Spider-Man par McFarlane se vend à 3 millions d’exemplaires, X-Force 1 à 5 millions et X-men 1 à 8 millions.

Une autre cause de la remontée des ventes est la création d’une bulle spéculative.Comme certains comics de l’âge d’or et de l’âge d’argent des comics valent des milliers de dollars, des spéculateurs vont faire le pari qu’il en sera de même pour les comics modernes. Pour alimenter ce marché, les éditeurs vont multiplier les séries et les numéros spéciaux et utiliser les techniques modernes d’imprimerie pour créer des couvertures originales (embossage, découpes, encre phosphorescente, etc.). L’espoir est d’attirer assez les collectionneurs qui achètent plusieurs exemplaires du même comics pour le revendre avec un bénéfice. L’augmentation du nombre d’acheteurs va s’accompagner de la multiplication de nouvelles maisons d’éditions qui vont lancer leur ligne de super-héros.

Parmi celles-ci se trouvent Valiant Comics fondé par Jim Shooter en 1989 qui devient la troisième maison d’édition derrière Marvel et DC et Image Comics fondé en 1992 par les vedettes de Marvel : Rob Liefeld, Erik Larsen, Jim Valentino, Todd McFarlane, Marc Silvestri et Jim Lee. Ceux-ci, désireux de rester maîtres de leurs créations vont s’unir pour les éditer. Ainsi apparaissent Youngblood de Liefeld, Spawn de McFarlane, Savage Dragon de Larsen, WildCATS de Lee et Cyberforce de Silvestri. Image est plus alors une réunion d’individualités qu’une maison d’édition avec une ligne éditoriale claire. Ceci va d’ailleurs occasionner de nombreux problèmes comme des retards importants dans la parution, la multiplication de séries qui ne trouvent pas leurs lecteurs et, au sein même d’Image, des tensions entre les membres fondateurs.

La Mythologie des super-héros

la mythologie super-héroïque succède quarante ans plus tard à l’invention du cinéma. Ses premiers artisans, mais également tous ceux qui poursuivront leur tâche, ont ainsi grandi et ont baigné dans un monde où le 7e art apportait déjà son bouillonnement d’images, d’histoires fantastiques qui, si elles n’étaient pas encore à proprement parler hautes en couleurs, étaient en tout cas déjà fortes en émotions et riches en symboles.

Le Comic Book a su magnifier la réalité qui l’entourait, se saisir d’hommes à l’aura de légendes (les superstars de l’industrie cinématographique) pour créer des mythes à l’allure humaine doté de supers pouvoirs. Au fil du temps, ces ponts incessants jetés entre le comics et le cinéma ne feront que se solidifier, notamment avec l’apparition et la généralisation des super héros au grand écran, lié notamment a l’apparition de technologies révolutionnaires (effet spéciaux numérique, motion capture). Malgré ces nombreuses racines, les origines de la mythologie super-héroïque ne se limitent pas à la culture populaire moderne et, pour achever de cerner correctement les ancêtres de ce genre bâtard, il faut remonter bien plus loin, les mythologies gréco- romaines et nordiques. Hercule, par exemple, apparaît régulièrement dans les comics de Marvel depuis 1965, et a même eu droit à plusieurs reprises à sa propre série.Thor, le dieu nordique du tonnerre, est, quant à lui, un des personnages les plus importants de la maison d’édition, et même l’un des rares privilégiés à avoir eu l’honneur d’un film dédié, en 2011 ; avec lui, Odin, Loki et de nombreuses autres divinités affiliées au même panthéon se retrouvent en même temps projetés dans l’univers cinématographique Marvel.

Le thème de la double identité

La dissimulation de l’identité

C’est un motif récurrent chez le super-héros, il provient de l’habitude des dieux grecs à prendre une forme humaine lorsqu’ils visitent le monde des humains. Ainsi il y a deux façon de voir la double identité : L’identité lié au pouvoir et l’identité lie a dissimulation de la personne physique

Zeus sans ses éclairs, Thor sans son marteau ou Poséidon sans son trident, il est impensable de voir Green Lantern sans son anneau, Double-Face sans sa pièce ou Iron Man sans son armure ( quoi que…).
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La double identité devient alors indissociable du super-héros au même titre que ses super-pouvoirs ou sa base secrète. il apparaît comme étant nécessaire aux super-héros de masquer leur identité afin de protéger leurs amis proches et leur famille de la menace que représente leurs ennemis. Elle permet en outre à tout héros de pouvoir rêver à une vie civile, loin du tumulte des combats contre les super-vilains. Sa cagoule permet par exemple, à Peter Parker, de protéger Tante May et Mary Jane et de pouvoir aller au lycée sans avoir à se soucier des attaques des ennemis de Spider-Man.

 

L’identité secrète peut également permettre à certains super-héros d’admettre le caractère illégal de leurs actes. Des personnages comme Batman ou Green Arrow, flirtent régulièrement avec la loi, allant même parfois jusqu’à commettre des actes illégaux en total désaccord avec les idéaux qu’ils défendent. Green Arrow, pour en revenir à lui va jusqu’à tuer certains ennemis, usant alors de méthodes semblables à celles des vilains qu’ils combattent.
Le super vilain et sa quête de la révelation de l’identité
les super-vilains vont avoir cette drôle de lubie : à savoir, tenter de chercher à savoir qui se dissimule derrière le masque.Même si le héro est menacé, la plupart du temps tout rentrera dans l’ordre, grâce à divers procédés plus ou moins ingénieux. On pense aux classiques lavages de cerveaux vus dans Identity Crisis chez DC.
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Le rapport a la ville

Mais contrairement au héros mythiques et légendaires des plus grandes civilisations, les super héros ne vivent pas dans le passé. Au lieu d’être figés dans le passé, les super-héros sont figés dans le présent, et au lieu de vivre sur une montagne inaccessible, ils vivent à New York, pour les villes réels, mais aussi, Gotham, Métropolis, Starling City, Central City… Il serait fatal d’oublier de citer son nécessaire rapport symbiotique avec les métropoles.
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Des villes comme New York sont censées représenter les plus grandes réussites humaines à ce jour. C’est là que tout est censé se passer, c’est donc le lieu idéal pour les superhéros.
Une façon de lié l’environnement urbain a la ville expressionniste allemande, lieu d’un combat entre différentes conceptions la concernant, deux visions… ainsi la vision de la ville et donc de l’environnement urbain du héro sera determiner par celui qui la regarde. Entre Batman et l’assasinat de sa famille, Flash, Spiderman et la mort de son oncle et son environnement scolaire, la vision de la ville différe entre les expériences du passé des différents personnages.
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Un genre de toutes les époques

l’écrasante majorité des super-héros ne sont pas, comme on l’a déjà vu, immortelles à l’intérieur de la diégèse, et leur récit d’origine se trouve donc constamment décalé dans le temps. C’est également ce qui en font des figures mythologiques : leurs caractéristiques sont suffisamment archétypales pour qu’on puisse les faire glisser sans difficultés d’une époque à une autre, et ainsi les rendre accessibles de génération en génération.

Les costumes des super-héros évoluent, les valeurs et les idéaux qu’ils défendent changent, et même les contextes dans lesquels ils naissent sont modifiés. Ces ajustements sont nécessaires à tous les  niveaux, d’abord à cause du renouvellement des auteurs, et ensuite afin d’assurer le renouvellement et la préservation du lectorat. Ainsi, hors super heros, seul james bond applique le mème procédé.

Chez les super-héros, Iron Man représente bien ce phénomène : au moment de sa création en 1963, son récit d’origines était situé en pleine guerre froide, au Vietnam, jusqu’à ce que le scénariste Warren Ellis redéfinisse entre 2005 et 2006 le passé du personnage pour décaler l’incident fondateur de sa vocation (un enlèvement par les forces ennemies) à la guerre de Golfe ; tandis que le film Iron Man (2008) le transporte lors de la guerre en Afghanistan dans le contexte de l’après 11 septembre.
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Dans le cas du Winter Soldier (Bucky Barnes,ami de Captain America pendant la Seconde Guerre mondiale), la mythologie explique que le personnage a été préservé dans la glace depuis le milieu des années 1940, n’étant décongelé que pour effectuer des missions top secrètes avant d’être immédiatement lavé de tout souvenirs et  recryogénisé.
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La transposition de Captain America, personnage pourtant indissociable de la Seconde Guerre mondiale, est expliquée scénaristiquement de manière similaire : il aurait été retrouvé congelé dans un bloc de glace, puis ramené à la vie pour reprendre sa lutte pour la préservation des valeurs de l’Amérique. Pour conserver la jeunesse et la fraîcheur du personnage, il ne restera donc plus aux scénaristes qu’à modifier rétroactivement la continuité du personnage pour mettre à jour sa date de résurrection, et conserver ainsi tout son attrait. Ces modifications temporelles permettent aux personnages de rester toujours en lien avec leur époque et il est souvent important que leurs origines restent toujours proches de leur époque de publication. C’est particulièrement vrai (et intéressant) dans le cas de Captain America puisque, prisonnier de la glace, il a le sentiment de se retrouver projeté des années 1940 à notre monde du jour au lendemain, et, pour les scénaristes qui savent se servir efficacement de lui, son regard plein de bon sens et de morale puritaine est une occasion idéale de critiquer les travers du monde contemporain à tous les niveaux.

Le super héro dans le monde moderne

La tendance dominante pour la représentation des super-héros depuis le début des années 2000, aussi bien au cinéma que dans les comics , est une recherche toujours plus poussée du réalisme et de la modernité : les personnages doivent s’inscrire dans la réalité contemporaine qui est la leur, non seulement à travers leurs préoccupations et leurs thématiques, comme c’est le cas depuis les années 1970, mais également à travers le rôle précis qu’ils occupent dans la société. En voici quelques exemples : Matt Murdock (Daredevil) et Peter Parker (Spider-Man) doivent tous les deux faire face à des procès après avoir vu leur identité secrète exposée dans la presse, Bruce Wayne (Batman) mène une guerre administrative pour garder le contrôle de ses parts dans l’entreprise familiale.

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Ainsi, en éclaircissant la relation souvent ambigüe et tumultueuse qu’entretiennent les super-héros avec le pouvoir politique à l’intérieur des comics et des series tv, les showrunners ont alors l’occasion de dénoncer les propres méfaits de nos sociétés.
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Conclusion

Malgré cette qualité déclinante, l’appétence du public ne faiblit pas, et la plupart des films de super-héros sont des cartons au box-office. Une preuve s’il en est que ce n’est pas la profondeur des histoires ou la qualité des sujets traités qui serait le premier moteur d’adhésion des spectateurs. On peut alors s’interroger : l’effet miroir des comics ne serait-il pas un moyen opportuniste de conserver l’amour des spectateurs en évoluant avec eux ? Si l’industrie du comics a accompagné les évolutions sociétales des américains, on peut presque considérer que les super-héros remplissent un rôle qui a été historiquement tenu par la littérature d’anticipation, dont on peut craindre qu’elle soit tombée en désuétude sous sa forme originelle. Pourtant, à l’opposé, lorsqu’on étudie comme on l’a fait la représentation des minorités au sein de la gent costumée, on s’aperçoit surtout qu’elle est en retard de plusieurs décennies sur le monde qui lui sert pourtant d’appui, à la différence de la littérature, du rock ou du cinéma. Peut-être parce que les artistes ont trop souvent grandi dans l’ombre de studios, il n’y a pas d’équivalent à Jack Kerouac, a Asimov ou à  dans l’univers des comics américains.
Dans cette perspective, la place des super-héros dans le monde moderne apparaît dans toute sa limpidité : ils sont des guides moraux qui ne cessent d’avoir conscience qu’il n’est pas facile d’être un guide moral (et n’en sont que plus beaux) et ils sont des idéaux suffisamment élevés pour inspirer l’admiration, mais suffisamment accessibles pour que n’importe qui puisse trouver en lui la force de tenter de leur ressembler. Les super-héros sont une Amérique qui a conscience de son histoire et de son passé, et qui s’interroge sur son futur, sans oublier d’en chercher des indices dans son présent.
PS : l’article est sujet a différent rajout de ma part, en fonction de l’actualité des futurs series tv, films et comics.
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5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Miette dit :

    Je n’accroche tellement pas aux super-héros. Je sais pas, y’a quelque chose qui me bloque.
    Et du coup, je ne comprends justement pas les cartons au box-office !

    En fait, il m’est arrivé de regarder quelques films avec des super-héros… Et puis, plus maintenant. Parce que ça me gonfle, je crois. J’ai l’impression que c’est du vu et revu. Alors je me trompe peut-être. Et si ça se trouve, je loupe des films géniaux (mais là, du coup, j’en doute quand même haha ^^).
    Et il y a cette dimension du/des gentil.s et du/des méchant.s à laquelle j’accroche encore moins. Genre, tout est noir ou tout est blanc.

    En tout cas, j’aime bien lire tes critiques. Tu écris très bien camarade ! 😉

    J'aime

    1. Miette dit :

      Ce « camarade » fait très… communiste quand même. Hahaha !

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      1. Mercii Kamarade Mietiova ( poutine aime ça ^^) ouais les films de super heros sont vraiment destines aux enfants , a l’exception des Watchmenn, les films developpe peu ou du moins les avis et critiques sur le net en font abstraction ( logique sachant que la cibles des critiques sont les jeunes)

        Aimé par 1 personne

      2. Miette dit :

        Bah, c’est vrai que c’est destiné aux enfants… Mais il y a des trucs que mes parents ne m’auraient pas permis de regarder, franchement, quand j’étais gamine.
        Alors, je sais, faut vivre avec son temps. Mais quand même… o/

        Et puis au niveau des comics – j’aime bien les BD et les mangas pourtant – c’est la même chose… Je n’accroche pas. 😦

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      3. Ouais c’est vrai, mais la violence est tellement tolerer de nos jours… Apres moi c’est l’inverse, j’adore les comics et j’accroche pas aux mangas

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