The Conjuring

C’est une étonnante trajectoire que poursuit le nouveau pape de l’horreur, James Wan, depuis plus d’une décennie. Après le phénomène Saw, responsable de l’apparition éphémère d’un sous-genre assez peu fréquentable, dit torture porn, le cinéaste a revisité toutes les époques de l’imaginaire bis, passant du film gothique (Dead Silence) au vigilante urbain 70’s (Death Sentence) sans rien changer, ou presque, de ses modèles fétichisés.

Depuis The Conjuring, la notoriete de James Wan a decolle, au point d’etre realisateur de Fast and Furious 7 sortie en 2015, mais aussi de The conjuring 2 prevue en 2016 et surtout Aquaman en 2018. Une pente rétro qui le mène logiquement au film paranormal avec Conjuring – Les Dossiers Warren, vrai-faux remake d’Amityville – La Maison du diable de Stuart Rosenberg dont James Wan reprend la situation initiale des personnages, ainsi que les contextes géographiques et temporels.

Après Insidious, James Wan revient avec un autre film du genre Horreur/epouvante. Inspiré d’une histoire vraie, The Conjuring raconte une des affaires les plus terrifiantes du couple Warren, des enquêteurs paranormaux. Les époux Ed (Patrick Wilson) et Lorraine (Vera Farmiga) Warren étaient des démonologues dont la petite notoriété a marqué les années 70 aux États-Unis. Elle est médium, lui est une sorte de croyant scientifique.The Conjuring du realisateur James Wan arrive à se démarquer tout en respectant les classiques.

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La force de The Conjuring, est la présence du couple Warren, brillamment interprété par Vera Famiga et Patrick Wilson. Le tandem ancre le film dans un contexte crédible et loin de la « fantaisie » d’un Saw. L’alchimie entre les deux acteurs ajoute une couche de réalisme au film. Da plus l’ambiance en elle même, loin des grosses productions ou tous est plus ou moins centrer autour de forts quotas d’hémoglobine…Ici, la claustrophobie et les esprits sont les éléments que Wan utilise pour que l’on vous glace le sang.

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Encore une fois il use de longs plans séquences ponctués de jump cut nerveux. De plus, il instaure une atmosphère oppressante qui déjoue les codes du jump scare au profit d’une horreur viscérale, impalpable et soudain brutale. Encore une fois il déstructure sa narration pour épouser une terreur abstraite où le Mal est le seul maître de vos émotions.
Le tout est d’ailleurs merveilleusement écrit, évitant dans ses diverses situations horrifiques tous les clichés possibles, ou en les utilisant de manière judicieuse et réfléchie afin que les effets de peur ne soient pas prévisibles et perdent de leur efficacité. Ainsi, on se surprend à sursauter et à crier devant de simples jump scares, à frémir devant le moindre bruit inquiétant (le travail sur le son étant tout simplement extraordinaire), et à être pris de sueurs froides devant le réalisme qu’apporte la mise en scène de James Wan, et qui démontre à quel point le concept des found footage est foireux et ne s’avère être qu’un parti pris de réalisateurs fainéants…

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L’oeuvre en elle même est doté d’une réalisation que l’on peut qualifier de « scolaire », mais qui va tellement bien a ce genre, car généralement peu utilisé. Charpenté comme un cauchemar, le film s’apparente à un train fantôme, à l’instar de La Dame en noir de Watkins, plongeant son spectateur dans un tourbillon de frayeurs et de sursauts, habillement amené par une maitrise parfaite de la mise en scène. Les motifs de terreur sont renouvelés et les codes réinventés par des choix de caméras et un découpage ingénieux.

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Il est probable que vous ne laissiez pas vos enfants jouer à ce fameux « cache-tape » avant bien longtemps… les séquences de Cache-tape étant pour moi les mieux réalisées. Les claps des gamines, dicte les pulsations de votre coeur, on frémit a l’idée de voir apparaitre quelque chose a l’écran, tel est le but du film. Evidemment les plus sceptiques diront que tous est trop prévisible, et bien non ! on Hurle a chaque apparitions démoniaques et on en redemande ! Pour répondre a la question de l’humour, le film n’en est pas parsemé. C’est au milieu du film que quelque scène nous font sourire et détendent un peu l’atmosphère très lourde que Wan à instauré…..mais rester sur vos garde, c’est juste pour bien vous attendrir avant de repartir dans l’horreur totale.

Enfin, je voudrais parler des « Screamers » du film. Vous savez, ces moments classique du cinéma d’horreur qui font sursauter tout le monde, parfois (même très souvent) pour rien : que l’on adore ou pas, chez Wan, c’est sa manière tres différentes de gérer les screamers. On sent jusqu’au plus profond de nous même que nous allons sursauter et être saisi par quelque chose.

Le générique de fin achève le spectateur avec des photos des vraies personnes impliquées dans l’histoire… comme si on en avait pas eu assez…

Dans un amas de film d’horreur autant inintérésant les uns que les autres, « The Conjuring » fait figure d’exception ( avec le tres recent « The Babadook », mais aussi en 2013 avec « La cabane dans les bois »), un pied de nez aux films de série B avec du gore, juste du gore. Vivement donc la suite, Conjuring 2 etant prevue en 2016, les époux seront confrontés au poltergeist d’Enfield, une manifestation paranormale qui a marqué le Royaume-Uni à la fin des années 70. Le métrage a visiblement cherché à reproduire assez fidèlement le décor et les images célèbres de ce fait divers qui fit les gros titres de la presse britannique.

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