Mad Max : Fury Road

Trente-cinq années après la sortie du premier opus, George Miller, du haut de ses soixante-dix ans, repasse derrière la caméra pour un nouveau Mad Max après avoir erré quelques années dans l’animation, avec son oscarisé Happy Feet.

Le réalisateur australien retrouve alors son héros Max Rockatansky pour de nouvelles aventures, qui ne sont en aucun cas dans la lignée des précédents volets de la trilogie d’origine, projeté Hors Compétition lors du dernier Festival de Cannes.
Solitaire hanté par son passé dans un monde post-apocalyptique, le héros se retrouve capturé par les War Boys du terrible Immortan Joe et se fait alors embarquer dans une dangereuse course poursuite, l’Imperatrice Furiosa ayant volé cinq objets bien précieux et irremplaçables à Immortan Joe qui envoie ses seigneurs de guerre arrêter l’Impératrice. Max va devoir s’allier à celle-ci pour retrouver son destin de solitaire…

Le cinéaste australien assume complètement l’élaboration d’un film avec un scénario simpliste au premiers abords,  mais avec plus de 3000 dessins de story-board, les images et l’univers développé dictant les diverses péripéties du soliste Max. Cela posé, George Miller et son équipe devraient pouvoir s’aventurer en toute quiétude dans l’expérimental et l’inexploré. Au final un script d’un peu plus de 170 pages sera rédigé mais à l’instar de Gravity, qui mettait la survie en milieu hostile comme unique but, on y pointera la minceur de l’argument pour mieux adouber le spectacle auquel le sexagénaire a fait preuve pour cette ovni cinématographique de plus de 2h20.

Et quand le grand George Miller est interrogé par les confrères de « Time Out paris » (http://www.timeout.fr/paris) sur la psychologie des « Mad max », il répond :

« C’est vraiment plaisant pour moi parce que je ne retourne pas vers le futur, j’avance plutôt vers le passé. On se retrouve dans un monde qui existera dans 45 ou 50 ans, quand l’apocalypse débutera. L’apocalypse est amenée par toutes ces choses terribles dont on entend parler aux infos – certaines se réalisent. Alors vous vous retrouvez avec ce monde élémentaire, basique. Et l’attrait qu’exerce ce monde est le même qui a guidé le western américain pendant aussi longtemps. La simplicité, le paysage restreint, le minimalisme de tout ça fait que l’histoire devient allégorique. D’une certaine manière, c’est moins un récit édifiant qu’un conte moral, dans un monde où la survie prend le pas sur l’humain. »

Et l’oeuvre dans tout ça ?

Le monde est fou ici, pour répondre à la question que Max se pose lors de la première séquence. Absolument tout le monde. Ce n’est pas pour autant que l’on ne s’attache pas aux personnages principaux. Comment ne pas ressentir un frisson lorsque Furiosa s’effondre en plein désert, vidée de toute énergie et de l’espoir qui la guidait depuis le début ? Qui ne tremblerait pas devant le « Witness me! » de Nux ?

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D’un point de vue technique, le relief et le sentiment de profondeur est clairement l’atout numéro un du film, grâce notamment a beaucoup de plongé et de contre-plongé. De même George Miller ressort des techniques pratiquement disparu du genre action.

Le zoom dans la séquence de la tempête. il se traduit par l’obligation de dezoomer, dans le but de capter la tempête dans sa globalité, au risque de ne plus apercevoir le sujet de l’action (c’est a dire la course poursuite). Grandiose.

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L’utilisation de nuit américaine : elle se construit grâce à la sous exposition de la pellicule et/ou à l’utilisation d’un filtre. Les filtres utilisés dépendent de la pellicule, généralement bleu foncé pour les films couleurs, rouge ou vert pour les pellicules noir et blanc. On peut y adjoindre un filtre polarisant. A l’époque des débuts du cinéma ces réglages devaient se faire au moment du tournage : les filtres bleus étaient par exemple disposés directement sur l’objectif. De nos jours, il est possible de s’occuper de l’image en post-production, un travail de post production de grande qualité et un choix artistique audacieux pour un film de genre qu’est Mad Max Fury Road

Dans ce monde où les héros traversent littéralement l’Enfer, dans ce monde d’excroissances, notamment celles des WarBoys, soldat du « Roi » des terres désolés, utilisent le sang des « globulards ». Ce besoin de sang « propre » démontre que le leur ne l’est pas. ils ne sont pas animés par une irrépressible envie de violence ; ils ne sont que les victimes d’une machination savamment orchestrée par Immortan Joe, la loyauté contre du sang et de l’eau, mais aussi des victimes, dès leur naissance, du monde dans lequel ils évoluent. Mais aussi de tumeurs et de monstres, les enfants d’Immortan Joe étant tous attribue d’un handicap. La beauté et le savoir sont deux caractéristique quasiment divine dans ce quatrième opus de Mad Max. Le contraste avec le peuple est saisissant.

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Venons-en à ce qui casse avec le film d’action post-moderne, la place des femmes. Au delà du débat sur le féminisme du film se pose globalement, la question de l’émancipation (et notamment de la femmes).La femme a depuis toujours cette image qui est pour elle dégradante et caricaturée. Elle était représenté souvent comme un instrument de la reproduction et de la jouissance. A travers l’oeuvre de georges Miller, Furiosa et les cinq épouses s’opposent à l’autorité du tyran et prennent la fuite. Malgré la présence de Max, Furiosa joue le rôle de co-leader( principe de dilution de la fonction sujet). La position de leader étant difficilement attribuable a Furiosa, notamment lors des séquences de décisions, ou max apparaît successivement sur les plans rapproché, seul, ou avec Furiosa.

Se pose alors la question suivante : l’émancipation est elle singulière ou pluriel ? Pour vous exposer mon point de vue qui penche plus pour la seconde option, je vous propose deux scènes qui en sont caractéristique : la première étant la séquence ou Furiosa propose de traverser le désert, Max étant en désaccord avec le plan, suggère d’attaquer la Citadelle. Aucune des cinq épouses ni aucune des femmes de la tribu de Furiosa ne participe a ce choix fort et déterminant. Toutes restent à l’arrière plan. Elles légitiment ainsi les positions de Max et de Furiosa comme leadeur.

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La deuxième, L’invasion finale de la Citadelle, s’inscrit dans la même dynamique ,le peuple restant très passif lors de cette prise de pouvoir de Furiosa face a ce monde qui peut être vu comme une société Dictatoriale. le rapprochement avec la république romaine ( qui commence en 509 av. J.-C., à la chute de la Monarchie et qui prend fin en 44 av. J.-C., avec l’assassinat de Jules César, et 27 av. J.-C., au moment où Octave reçoit le titre d’August ) est une possible source d’inspiration du réalisateur.

Furieux dans le fond et dans la forme, la reprise des aventures de Max Rockatansky est un trip aliénant et jouissif à posséder dans cinematheque. Enchaînant les claques sans possibilités de répit, Mad Max : Fury Road donne une nouvelle dimension aux films d’action et vient directement se classer parmi les grandes oeuvres cinématographique du genre, quelque années après le « Snowpiercer : le Transperceneige » de Joon Ho Bong qui narre l’histoire de Curtis (Chris Evans) et de quelques survivant terriens de l’ère glaciaire, ayant prit place dans un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Métaphore limpide de la lutte des classes, Snowpiercer, aux accents écologiques, dénonce le cynisme du pouvoir absolu et affiche son refus d’accepter l’inacceptable au nom du réalisme. Un point commun avec Mad Max fury Road donc.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. CyberMiette dit :

    Je me suis fait  »spoiler » les Mad Max (forcément) (en même temps, j’ai pas essayé à m’en protéger, haha) mais ça me donne quand même envie de les voir.
    NON, je n’en ai vu AUCUN. On ne juge pas ! 😦

    Aimé par 1 personne

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